Saumon bio d’élevage

Saumon sauvage ou Saumon bio ?

Entre le saumon d’élevage, le saumon sauvage et le saumon bio : quelles différences ?

Les saumons d’élevage conventionnel et le saumon bio sont tous deux des poissons d’élevage, alors que le saumon sauvage est… sauvage. Cela veut dire que le saumon sauvage fait ce qu’il fait depuis des millions d’années : il nait dans des rivières où il passe 1 ou 2 ans, avant de rejoindre la mer. Là, pendant 3 à 5 ans, il traverse les océans et se nourrit naturellement de petites crevettes, petits poissons, etc. Lorsqu’il est mûr pour se reproduire, il remonte la rivière où il est né, échappe aux ours et autres prédateurs, se reproduit (on dit qu’il « fraye ») dans un petit nid de gravier préparé par la femelle, puis meurt.

Il vit dans un milieu naturel qu’on ne peut pas contrôler, et pour cette raison il ne peut pas porter le label BIO. Etant un poisson sauvage cependant, il est très sensible à la surpêche et à la qualité de son habitat. Malheureusement en Europe, les populations de saumon sauvage de l’Atlantique (salmo salar) sont très menacées, que ce soit dû à la surpêche, à la pollution des rivières, ou à la construction de barrages hydroélectriques qui les empêchent de remonter les rivières. La situation reste critique malgré quelques améliorations récentes. Le saumon sauvage du Pacifique est relativement abondant sur les côtes Russes, de l’Alaska, du Canada et de la côte ouest des Etats-Unis. Il est en général moins gras que son cousin d’élevage.

Le saumon d’élevage nait dans des écloseries et passe en général 1 an en eau douce, avant d’être transféré dans des bassins en pleine mer. Il est principalement élevé en Norvège, ainsi qu’en Ecosse, Irlande, Chili et au Canada. Il se nourrit d’un aliment que l’homme lui fournit, et qui est composé d’une part animale (farines et huiles de poisson, parfois aussi farines d’animaux terrestres), ainsi que de végétaux.

Le saumon bio se distingue par :

  • une attention supérieure portée au bien-être animal : il y a environ 3 fois moins de saumons dans une cage ; on observe un meilleur respect du cycle naturel des poissons.
  • une alimentation de meilleure qualité, dont la part végétale doit être certifiée BIO, donc excluant OGM et pesticides, et avec une part d’origine animale plus importante, composée exclusivement de farines et huiles de poisson ; l’origine de ces poissons doit provenir soit de coproduits de poissons destinés à l’alimentation humaine, soit de pêcheries certifiées.
  • un contrôle strict des traitements vétérinaires autorisés : si la vaccination est autorisée, les antibiotiques ne peuvent être utilisés qu’en cas de maladie avérée et pour un nombre de fois limité fixé par le cahier des charges ; par ailleurs l’utilisation d’hormones ou dérivés hormonaux est interdite.
  • enfin, l’élevage fait l’objet de contrôles au minimum une fois par an, afin d’obtenir le certificat bio.

Quel impact sur l’environnement selon ces différents modes ?

Concernant le saumon sauvage, une attention particulière doit être portée à la bonne santé des ressources de poisson, pour éviter la surpêche et garantir le renouvellement de l’espèce. Les techniques de pêche doivent également limiter leur impact sur les écosystèmes et les autres espèces, afin d’éviter par exemple d’attraper dauphins, tortues ou albatros lors de la pêche.

Le saumon d’élevage conventionnel peut avoir des impacts importants sur l’environnement. En premier lieu, l’alimentation n’étant pas bio, elle est susceptible de contenir des OGM, des résidus de pesticide, des additifs de synthèse, et des farines d’animaux terrestres. Par ailleurs, si de nombreux élevages ont adopté des méthodes de travail sérieuses et responsables, des dérives peuvent exister, notamment du fait que le saumon « conventionnel » est moins voire pas contrôlé annuellement par un organisme indépendant. On peut ainsi citer l’utilisation plus ou moins intense d’antibiotiques, des traitements anti-parasitaires assez fréquents dus à la densité des saumons dans les cages d’élevage en mer et à la proximité entre les fermes, mais aussi des dépôts qui peuvent s’accumuler sous les fermes en l’absence de courants suffisants. On note que si le problème de l’utilisation des antibiotiques a été très bien maitrisé en Norvège, il l’est moins au Chili.

Enfin, le saumon bio subit son environnement plus qu’il ne l’affecte. Compte-tenu des contraintes du cahier des charges bio, son impact environnemental est très fortement réduit pour les raisons citées précédemment.

Comment bien choisir son saumon ?

Pour le saumon sauvage, il est important de préférer les espèces et origines qui portent un label de pêche durable, et notamment le label MSC. La pêcherie de saumon sauvage d’Alaska est ainsi très majoritairement certifiée MSC. D’autres pêcheries de saumon sauvage MSC existent aussi en Russie et au Canada, mais de façon plus marginale. Vous pouvez retrouver le Saumon sauvage argenté d’Alaska certifié MSC à la marque Food4Good, en magasin bio.

Pour l’élevage, là encore le choix d’un label est important, car c’est une garantie de contrôle annuel par un organisme indépendant, et donc d’un risque moindre de dérives telles que celles déjà mentionnées. Le nouveau label ASC est intéressant, mais il autorise les OGM dans l’aliment des saumons. Le label Bio va plus loin sur certains points, notamment le bien-être animal et l’alimentation notamment exempte d’OGM.

Aujourd’hui le saumon d’élevage représente entre 90 et 95% de tout le saumon consommé en France. Si tous pouvaient être issus d’élevages certifiés Bio, ou a minima ASC, notre planète s’en porterait mieux, et nous aussi.